Commission: comment un eurocrate s’est emparé du pouvoir

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Faut-il parler de « Commission Juncker » ou de « Commission Selmayr » ? Après la nomination, hier, du tout puissant chef de cabinet de Jean-Claude Juncker, Martin Selmayr, au poste clef de secrétaire général, on peut se poser la question. Etre à la tête de cette véritable tour de contrôle de l’administration communautaire va permettre à cet Allemand de 47 ans, inconnu du grand public, d’avoir la haute main non seulement sur les affaires internes de l’exécutif européen, mais aussi sur sa politique (toutes les décisions transitent par le secrétariat général).

Mieux : il s’est assuré de garder le contrôle total du cabinet de Juncker en nommant des affidés qui ne prendront pas le risque de lui déplaire. Le fait que Juncker soit descendu en salle de presse, en plein milieu de la réunion du collège des commissaires, pour annoncer cette promotion est sans précédent: on avait vraiment l’impression d’assister à une passation de pouvoir. « C’est un coup de maître qui va lui permettre de façonner la Commission à son idée, ce qu’il a commencé à faire en virant des directeurs généraux (équivalent des directeurs d’administration centrale) qu’il n’aimait pas, et de se rendre indispensable au prochain président qui devra longuement réfléchir avant d’oser se passer de ses services », juge-t-on à Paris…

Lire la suite : Liberation, 25.02.2018