Russie, Turquie, Iran : le triangle de la revanche

lesechos

La guerre en Syrie a rapproché Russes, Iraniens et Turcs. Mais cette triple alliance a des origines plus profondes : la revanche sur un monde occidental qui les a humiliés et la nature autoritaire de leur régime.

En diplomatie comme en géométrie, il existe diverses formes de triangle. La Triple Entente entre la France, la Grande-Bretagne et la Russie visait, à la veille de 1914, à contenir les ambitions de l’Allemagne, soutenue par l’Autriche-Hongrie. Plus près de nous, dans les années 1970, le triangle Washington-Moscou-Pékin décrivait le nouvel équilibre entre trois puissances dont l’une, l’Amérique, souhaitait tout à la fois isoler l’URSS et utiliser la neutralité bienveillante de la Chine pour sortir du bourbier vietnamien.

En 2017, le triangle « à la mode » est celui constitué par l’alliance de circonstances entre la Russie, la Turquie et l’Iran pour mettre fin au conflit syrien. Mais ce triangle entre « Slaves, Ottomans et Perses » est loin d’être équilibré. En son sein il y a deux puissances clairement ascendantes, l’une au plan mondial, la Russie, l’autre au plan régional, l’Iran. La Turquie est par contre en position de faiblesse, surtout depuis qu’elle est devenue la cible prioritaire de Daech. Ce qui unit ces trois pays, c’est d’abord, bien sûr, la volonté de mettre fin au conflit syrien sur des bases infiniment plus proches des positions de Moscou et de Téhéran (avec le régime en place consolidé) que de celles d’Ankara, qui doit renoncer à son ambition de changement de régime à Damas…

Lisez la suite : Les Echos, 06.01.2017