Elections françaises : ça change tout !

24matin

Dans une Europe « ré-atterrie » au niveau national, le résultat de l’élection présidentielle française donnera bientôt une indication claire sur les pistes de recomposition de l’UE. Une anticipation à ce stade n’a pas beaucoup d’intérêt. Nous avons toujours dit que cette campagne était atypique à bien des points de vue et que bien malin qui pourrait en prédire l’issue.

Aujourd’hui, force est de constater que les évidences dans lesquelles on a essayé d’enfermer les Français ont cessé d’en être. L’inévitabilité de la présence de Marine Le Pen au second tour, le « devoir moral » du vote Macron pour la contrer au second tour, est une stratégie de manipulation des opinions à laquelle les Français ne se sont pas tant que cela laissés prendre. Ce que nous appelons le piège « la raison ou le fascisme » ou le « soyez raisonnable (votez Macron) sinon c’est que vous êtes des nazis (en participant à l’accession de Le Pen au pouvoir) », très semblable à l’injonction faite aux Américains quelques mois avant, n’est plus du tout certaine d’aboutir. 

A ce jour, quatre candidats se partagent très également l’électorat : Le Pen, Fillon, Macron, Mélenchon, tous autour de 20%. Nous sommes tous d’accord sur l’attention qu’il convient d’accorder aux sondages en valeur absolue. En revanche, ce qui est intéressant à suivre, ce sont les évolutions de leurs chiffres. Or depuis plusieurs semaines, les intentions de vote attribuées à Macron et Le Pen (les deux favoris du scenario idéal – celui qui permettait de faire élire Macron) baissent, tandis que celles de Mélenchon grimpent à toute vitesse et que celles de Fillon refusent de baisser, voire continuent à monter malgré le déchaînement médiatique contre lui. Hamon est « out ».

Tout est donc possible dans ce contexte, y compris un Mélenchon-Fillon au second tour. Le fait est que les attaques contre Fillon l’ont transformé en candidat anti-establishement (ce qui est tout de même le comble pour l’ancien premier ministre de Sarkozy). Cette image de lui combinée à son programme particulièrement conservateur, voire réactionnaire, l’a positionné d’une manière qui le fait rogner assez significativement sur l’électorat de Marine Le Pen. Sans compter que ceux qui continuent à le soutenir, le voyant comme un martyre, constituent un socle à la fois très solide (pour avoir résisté jusque-là) et finalement significatif (18%)…

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