Royaume-Uni 2019 : Et si le Brexit était un succès ?

Jusqu’à présent, médias et analystes ont été unanimes : le Brexit représente un avenir incertain et dangereux pour le Royaume-Uni et seulement pour le Royaume-Uni. Nos lecteurs savent que nous avons toujours été plus circonspects à ce sujet. Alors que la première phase de négociation s’est achevée (en fin d’année dernière) et que la seconde s’apprête à démarrer, il est temps d’admettre, d’une part, que cette sortie de l’UE ouvre aussi bien des opportunités au Royaume-Uni, et d’autre part, qu’elle induit de nouveaux risques réels pour l’Union européenne.
En effet dans cette seconde phase de négociation, qui portera sur la période de transition et sur la relation future entre les deux parties, le rapport de force pourrait s’inverser. Le gouvernement britannique, à qui l’on reproche depuis le début un manque de clarté et de réalisme, a, par la voix de Theresa May le 2 mars, éclairci un certain nombre de points et exposé un plan de sortie concret. La Commission, de son côté, se montre de moins en moins coopérative, et impose des exigences (impossibilité pour le Royaume-Uni de commencer à négocier des accords commerciaux pendant la période de transition, barrière douanière déplacée de la frontière irlandaise entre l’île d’Irlande et celle de Grande Bretagne) jugées par certains irréalistes. Si l’Union européenne reste trop longtemps aveugle aux progrès réalisés par le RU et qu’elle fait preuve d’un bas esprit revanchard (destiné à faire peur aux autres pays), elle pourrait provoquer un retour de bâton capable d’enclencher précisément ce qu’elle souhaite éviter : un effet domino.