Extrait du GEAB 124 – Vers une zone euro gérée par l’intergouvernementalité

zone euro

La construction d’une structure fédérale pour la zone euro semble désormais mal partie. Le projet porté par le gouvernement français visant à créer des institutions propres à l’union monétaire afin d’en renforcer la construction, notamment un ministère des Finances de la zone euro doté d’un budget propre et une convergence des taux d’imposition sur les entreprises[1], pouvait déjà sembler une ambition assez réduite au regard de l’enjeu. Cela dit, il constituait un premier pas vers la construction d’une infrastructure nécessaire au bon fonctionnement de la monnaie unique.

Le frein allemand à la fédéralisation de la zone euro

Cette ambition réduite semble déjà battue en brèche. En mars, le déblocage de la situation politique allemande, qui était le prétexte pour justifier le maintien du statu quo, n’a pas apporté de mouvement décisif. Le conseil européen du 22 mars 2018 est resté muet sur la question[2] dans ses conclusions, alors même qu’il devait en ouvrir le chantier. Le 10 mars, l’hebdomadaire allemand Der Spiegel avait annoncé que le gouvernement fédéral allemand n’était pas prêt à avancer sur le dossier[3]. Officiellement, cette impossibilité était liée à la durée des négociations entre les partenaires de la « grande coalition » berlinoise, mais cette excuse n’apparaît pas recevable puisque l’intégration européenne est officiellement un des points d’accord entre SPD et CDU/CSU[4].

En réalité, le nouveau gouvernement de « grande coalition » allemand ne semble pas plus désireux que son prédécesseur de s’engager dans une réforme « fédéraliste » de la zone euro incluant des institutions supranationales. La presse d’outre-Rhin confirme d’ailleurs que la chancelière Angela Merkel n’est pas désireuse d’engager un « grand bond en avant » dans ce domaine[5]. Les messages envoyés par le nouveau ministre fédéral des Finances, le social-démocrate Olaf Scholz, vont dans ce sens depuis sa nomination. Lors de sa rencontre avec le ministre français de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, il n’a pris aucun engagement et les deux hommes se sont surtout mis d’accord sur leurs divergences …

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[1] Source : Le Monde, 26/09/2017
[2] Source : Conseil européen, 23/03/2018
[3] Source : Der Spiegel, 10/03/2018
[4] Source : Le Monde, 09/02/2018
[5] Source : Der Spiegel, 23/03/2018