Manque d’anticipation, erreurs stratégiques, faiblesse politique : l’ours russe est maintenant bien réveillé

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Les armes et les hommes se massent autour de ce secteur : Américains, Canadiens, Britanniques, Français, Danois, Allemands d’un côté ; Biélorusses, Russes, Moldaves, Kazakhs, et même Chinois de l’autre. Et depuis l’exercice russe Zapad 2017 et l’exercice russo-chinois en mer Baltique, Maritime Cooperation-2017, l’UE a de quoi s’inquiéter du moment où l’escalade deviendrait incontrôlable, faisant peser le risque que le moindre incident déclenche une guerre qui aurait bien entendu toutes les caractéristiques d’une guerre mondiale compte tenu des protagonistes en présence.

Il devient donc vraiment urgent de faire quelque chose pour mettre fin à la séquence d’événements qui conduisent à ce piège stratégique. L’intégration des pays baltes était une erreur ; ils auraient plutôt dû faire l’objet de statuts spéciaux donnant lieu à un dialogue euro-russe. L’intégration des pays baltes dans l’Otan était une erreur encore pire, crispant inévitablement la Russie. En 2008, le projet nord-américain d’installer un bouclier antimissile dans cette région a commencé à faire déraper les relations cordiales que tentaient d’établir l’UE et la Russie malgré les deux précédentes erreurs (c’est notamment suite à l’annonce de ce projet que Vladimir Poutine a décidé de mettre fin au projet de statut spécial pour l’Oblast de Kaliningrad qui avait vocation à devenir une sorte de Hong Kong russe). Le refus européen de négocier son partenariat économique avec l’Ukraine en tripartite (UE, Ukraine, Russie) est une erreur historique majeure, aboutissant inévitablement à la division de l’Ukraine et à l’annexion de la Crimée par la Russie.

L’ours russe est maintenant bien réveillé et l’UE n’a plus que ses yeux pour pleurer devant sa faiblesse stratégique, le durcissement de la griffe otano-américaine dans son cou, le délitement de tout son flanc oriental (comme anticipé en 2014 dans ces pages). Nous nous retrouvons à la merci d’un avion US survolant de trop près un territoire russe ou un missile pénétrant un peu trop en terrain européen pour que la grande machine militaro-diplomatique entraîne le continent et le monde dans la catastrophe…

Ceci n’est qu’un court extrait. Ne manquez pas le rapport entier qui se trouve dans le bulletin GEAB 118 / Oct 2017

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