Outre-Atlantique, l’ubérisation s’étend à la protection sociale

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Lisa, 36 ans, trois enfants, qui souffre d’un cancer incurable, a pu lever plus de 50 000 livres sterling (57 200 euros) pour payer des soins et la garde de ses enfants pendant qu’elle est à l’hôpital. Brian a besoin de 14 000 dollars (12 500 euros) pour rapatrier sa mère aux Etats-Unis dans un avion médicalisé. Ty, professeur de fitness, a presque collecté les 30 000 dollars (26 800 euros) nécessaires pour régler sa facture d’hôpital, après un accident de la route. Greta, 4 ans, est atteinte d’une forme rarissime de cancer ; ses parents voudraient rassembler 500 000 dollars canadiens (336 000 euros) pour financer des soins expérimentaux à Cincinnati, aux Etats-Unis.

Sur la plate-forme de financement participatif GoFundMe, on trouve en deux clics des centaines de milliers d’annonces de ce type – une recherche sur le terme « cancer » donne plus de 430 000 résultats. Américains, Canadiens ou Britanniques pour la plupart, ces malades et accidentés, leurs parents ou leurs proches espèrent collecter en général entre 5 000 et 50 000 euros.

Ce n’est pas un hasard : sur GoFundMe comme sur la dizaine de plates-formes concurrentes, près de la moitié des sommes récoltées servent à financer des soins médicaux. « Nous sommes un filet de sécurité numérique », résumait en février le PDG de GoFundMe, Rob Solomon, évoquant le rôle de son entreprise dans l’aide aux victimes de catastrophes naturelles. Les collectes pour des soins ont « aidé à installer GoFundMe dans le paysage », explique-t-il. Car, même pour des Américains de la classe moyenne, le coût des soins peut ruiner une famille en quelques semaines. Lorsque survient un cancer ou un accident grave, l’appel à la générosité est souvent la seule solution. Sans même parler des millions d’Américains sans assurance-maladie.

En savoir plus sur Le Monde, 22.06.2017