Trump est avant tout un milliardaire pro-militariste

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L’année dernière nous avons dit dans le GEAB de Mars 2016 que les grands intérêts financiaro-militaires de Washington changent de cheval et nouent une alliance avec Trump qui, somme toute, avant d’être un révolutionnaire est surtout un milliardaire pro-militariste à fort potentiel de convergence avec leurs propres intérêts donc, entraînant alors les médias dans un projet de banalisation du personnage de Trump et exploitant pour parvenir à leurs fins la complexité du système électoral américain. Cette analyse désormais validée nous prouve que Trump ne fait en effet que ce que l’establishment veut bien qu’il fasse.

La stratégie de long terme de Trump ne peut se comprendre qu’en revenant à son objectif nationaliste résumé par le slogan « America First » (« l’Amérique d’abord »), martelé trois fois lors du discours d’investiture du 20 janvier 2017. Cette volonté de défendre à nouveau les intérêts premiers des États-Unis traduit l’idée, souvent avancée dans la campagne électorale par le candidat républicain, d’un déclin étasunien lié à sa dépendance vis-à-vis de l’étranger. Les États-Unis seraient devenus faibles parce qu’ils empruntent et importent trop de l’étranger, notamment des biens qu’ils ne peuvent plus produire eux-mêmes, et parce qu’ils utilisent trop leur puissance militaire au bénéfice de l’étranger. Les États-Unis enrichiraient alors le reste du monde en s’appauvrissant eux-mêmes.  Trump n’a eu de cesse de fustiger les « milliards de dollars » ainsi envoyés à la Chine, notamment.

Dans l’esprit de la nouvelle administration nord-américaine, le signe principal de l’affaiblissement de sa puissance est le déficit commercial que le nouveau président s’est engagé, notamment par des mesures protectionnistes, à combler[1]. Ce serait un changement majeur de politique économique outre-Atlantique. Les États-Unis n’ont pas connu d’année pleine d’excédent commercial depuis 1972, autrement dit depuis la fin du système monétaire de Bretton Woods[2]. Et le déficit commercial s’est depuis fortement creusé. Certes, on n’est plus à proximité des déficits record de 700 milliards de dollars des années 2005-2006, mais en 2016, les États-Unis ont importé 500,56 milliards de dollars de plus qu’ils n’ont exporté et ce déficit atteint 750 milliards d’euros pour le seul commerce des biens. Aux yeux de la nouvelle administration, cette hémorragie de fonds empêche le financement sur des bases solides de la puissance extérieure des États-Unis, comme dans les années 1950 et 1960…

Lisez notre rapport entier dans le dernier GEAB, No 113 / Mars 2017

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[1] Source : Financial Times, 07/03/2017
[2] Source : US Census Bureau, Economic Indicator Division.