Urbanisation : 2,5 milliards de nouveaux citadins à loger

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3,4 milliards, c’est le nombre de personnes vivant en milieu rural actuellement[1]. Dans les pays développés, le taux d’urbanisation est de 75 %. Nous avons vu il y a deux mois que l’Inde se situait à 34 % seulement de taux d’urbanisation avec un potentiel de candidats à l’exode rural de près de 600 millions de personnes, en tenant compte de la croissance démographique dans les vingt prochaines années. L’Afrique, quant à elle, avec ses 40 % d’urbanisation n’aura peut-être « qu »’un demi-milliard de gens à loger dans des villes qui n’existent pas encore[2]. En ajoutant les autres zones du monde à fort potentiel d’urbanisation et la perspective d’une population mondiale de 10 milliards d’êtres humains en 2050, ce sont 2,5 milliards de nouveaux citadins qu’il va falloir loger d’ici 2050[3].

fig01Fig: Urbanisation mondiale. Source : Al fin next level

Cette question de l’urbanisation des populations est intrinsèque à celle de la stabilité mondiale, et de l’environnement également. Certes, la création/extension de gigacités accélérera un exode qui serait plus lent sans cela. Mais cet exode aura lieu de toute façon ; il a lieu actuellement et se dirige vers les villes des régions les plus urbanisées de la planète, créant ces vastes déplacements de population, socialement et politiquement perturbateurs (flux migratoires).

Et heureusement ! D’un point de vue ne serait-ce qu’environnemental, au taux actuel de 45 % d’urbanisation, nos paysages et la nature en général ne ressembleront plus à grand-chose si 5,5 milliards d’individus restent vivre à la « campagne » (soit 55 % de 10 milliards). La concentration des gens dans des lieux conçus pour faire cohabiter harmonieusement de très grands nombres de personnes est un processus historique très ancien où chaque nouveau pallier démographique a imposé des réflexions, des moyens financiers et technologiques et des planifications politiques destinés à relever les défis du maintien des critères d’hygiène, de santé, de confort, de bien-être, de paix sociale, etc[4]. L’importance que revêt aujourd’hui l’environnement, qui pose la question du moyen de rendre viables/soutenables les nouveaux niveaux de populations et d’activité humaine, n’est que la dernière version de cette problématique récurrente. L’humanité a toujours fini par relever ces défis jusqu’à présent. Il n’y a donc aucune raison qu’elle n’y arrive pas cette fois-ci… (Lire la suite : GEAB 126 / Juin 2018)

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[1]    Soit 45 %. Source : World Bank
[2]    Cet article évoque un milliard de citadins dans 20 ans pour l’Afrique, qui en compte déjà 500 millions. Source : Le Monde, 30/07/2017
[3]    Source : Department of Economic and Social Affairs, United Nations, 2014
[4]    Urbanisation. Source : Ancient.eu