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Journal TV Participatif N°2 : Panorama de l’actualité

Jeudi 27 avril 2023 s’est tenu notre deuxième Journal TV Participatif. Ce format se veut l’incarnation d’un système d’informations pluriel, multinational et multilingue, grâce à une participation active de nos abonnés. Il permet donc d’apprécier une diversité de points de vue sur une actualité riche, prérequis essentiel à une appréhension sereine de l’avenir. Pour ceux qui n’auraient pas eu l’occasion d’y assister, voici une synthèse des principaux points abordés.

Zoom sur l’Union Européenne

Les élections législatives en Finlande, début avril, se sont soldées par une victoire du parti ultra-conservateur et anti-russe, connu sous le nom Kokoomus, ou Parti de la Coalition Nationale[1]. Elles ont également vu l’élection de nombreux généraux au Parlement finlandais, et ont précédé des discussions pour une coalition de droite avec le parti des (vrais) Finlandais (Perussuomalaiset)[2]. Tout cela concorde avec l’adhésion de la Finlande à l’OTAN[3], désormais officielle depuis le 4 avril dernier. Le pays est bien décidé à tenir tête à la Russie notamment par le biais de partis d’extrême droite anti-russes. Le parti des Finlandais a, pour cette raison, décidé de quitter le groupe politique du Parlement Européen, Identité et Démocratie (ID), notamment composé de partis pro-russe comme l’AfD (allemand) ou le FPÖ (autrichien). À la place, il a rejoint le groupe des Conservateurs et Réformistes Européens (CRE)[4]. Toujours est-il que la victoire du Parti de la Coalition Nationale, suivi de près par le parti des Finlandais, reste à l’image de la tendance actuelle d’une véritable montée de l’extrême droite en Europe. Cette tendance est d’ailleurs à surveiller à l’approche des élections du Parlement Européen prévues pour mai 2024.

De nombreuses décisions ont dernièrement été adoptées au niveau européen, mais passent souvent inaperçues aux yeux des citoyens. Le Journal TV Participatif a donc permis de faire un tour d’horizon des dernières en dates et de recueillir les impressions de nos lecteurs :

Tout d’abord nous nous sommes penchés sur l’objectif « zéro déforestation », qui a connu récemment une nouvelle avancée, puisque le Règlement de l’Union Européenne sur les Produits « zéro déforestation » (EUDR) a été voté par le Parlement Européen le 19 avril dernier[5]. Il prévoit d’interdire l’importation vers l’Union Européenne de produits provenant de zones déforestées. Cela risque néanmoins de causer quelques désagréments sur les accords de libre-échange, et notamment dans la négociation de celui entre l’UE et le Mercosur.

Puis a été évoqué le Digital Services Act (DSA) dont l’objectif est d’encadrer l’activité des plateformes numériques. La liste des principales plateformes visées par le DSA a été rendue publique le 25 avril[6]. On y retrouve entre autres Google, TikTok et Amazon. Elles devront se conformer à la législation européenne au plus tard pour août 2023, qui exige plus de transparence ainsi qu’un réel effort dans la lutte contre les contenus illicites.

En matière d’asile et de migration aussi des décisions importantes ont récemment été prises[7]. L’adoption de plusieurs textes le 20 avril permet désormais aux négociations de débuter. Beaucoup estime qu’une législation commune sur l’asile et la migration, qui favoriserait plus de solidarité entre les États membres, manque à l’Union européenne. Le début des négociations est donc un premier pas en avant vers cet objectif, que la Commission espère aboutir avant les élections 2024.

Commerce, climat[8], santé[9], numérique, immigration … l’Union Européenne réglemente de nombreux domaines. Il apparaît primordial que tous les citoyens puissent prendre connaissance de ces décisions, et de préférence dans leur langue d’usage.

Autre fait marquant de l’actualité en Europe, l’Espagne vit une sécheresse prématurée importante[10]. Elle a par conséquent demandé l’aide de l’Union Européenne pour faire face à ce problème majeur. Mais mis à part des subventions, l’UE ne peut pas faire grand-chose. Comme nous l’avions signalé dans notre numéro d’avril qui consacrait un article sur le thème de l’eau[11], les institutions supranationales ne parviennent pas à dégager un consensus sur un défi pourtant transfrontalier nécessitant des coopérations collectives solides. À noter que l’Espagne prendra la présidence de l’Union Européenne à partir du mois de juillet, dans un contexte de sécheresse qui risque encore de se dégrader. Peut-être profitera-t-elle de cette occasion pour engager des pourparlers dans l’espoir d’un accord commun.

Zoom sur l’innovation spatiale

Ce Journal TV Participatif a été l’occasion de s’intéresser aux innovations spatiales au travers d’une présentation de Daniel Chrétien, journaliste spatial et auteur du blog Spacekiwi[12]. Nous nous sommes penchés sur la mission japonaise HAKUTO-R[13], qui devait se poser à la surface de la lune le 25 avril. Même si cette tentative a échoué, elle n’en reste pas moins importante puisqu’elle est la première mission privée à tenter cet exploit. Le challenge XPrize, sponsorisé par Google et lancé au début des années 2010, a engendré la création de plusieurs start-ups, et certaines deviennent aujourd’hui des acteurs incontournables de la recherche spatiale. Le fait que la sous-traitance de l’exploration du système solaire à des compagnies privées se banalise démontre une véritable avancée en la matière et permet de garder une dynamique de compétences. Ce genre de mission privée contribue à récupérer des données essentielles afin d’installer une redondance des meilleures façons de procéder pour se poser sur la lune ou y opérer notamment. Le manque de redondance ne tardera pas à faire défaut à l’Europe qui va se retrouver dépendante des États-Unis, jusqu’à une durée indéterminée, lorsque sa seule et unique fusée (Ariane 5) deviendra obsolète[14].

Zoom sur les élections

Le 14 mai prochain aura lieu le premier tour de l’élection présidentielle turque. Les deux candidats actuellement pressentis pour le poste restent Erdogan et Kilicdaroglu. Même dans le cas d’un changement de régime, Kilicdaroglu jouant sur une corde encore plus nationaliste que Erdogan (manifestations anti-réfugiés, pour le renvoi des Syriens chez eux, une redistribution des aides de reconstruction après les tremblements de terre réservée aux Turcs …), la politique de la Turquie vis-à-vis de la Russie devrait rester similaire à ce que l’on connaît aujourd’hui[15]. Il n’est en effet pas prévu qu’elle se joigne aux sanctions occidentales contre Moscou, ni qu’elle se déclare ouvertement pro-russe. De même pour la question de la Chypre ou celle de la Syrie, la différence ne se jouera pas au niveau international[16]. Du côté national en revanche, les Kurdes reposent leurs espoirs en Kilicdaroglu[17].

L’élection présidentielle américaine programmée pour novembre 2024, les candidats commencent à se faire connaître : sept candidats sont pour l’instant pressentis du côté Républicain, et trois du côté Démocrate[18]. Joe Biden est le dernier en date à avoir annoncé sa candidature le 25 avril 2023. Une absence d’enthousiasme est néanmoins à relever de la part des électeurs américains à la vue d’un nouveau duel Biden contre Trump[19].

Zoom sur l’économie internationale

Comme démontré dans notre numéro d’avril, majoritairement consacré au phénomène de dédollarisation[20], la masse monétaire de dollars ne cesse de diminuer depuis maintenant plusieurs mois. Les dernières actualités confirment cette tendance et montrent qui plus est une accélération. L’Argentine, pays grandement dépendant du dollar, tombe dans les affres de sa disparition en tant que monnaie internationale, entre l’augmentation de sa valeur et la raréfaction des billets. De surcroît, la décision a été prise d’utiliser désormais le yuan comme monnaie d’échange entre l’Argentine et la Chine[21]. Il y a donc une ferme intention de la part du gouvernement argentin de renoncer au dollar, ce qui renforce encore plus la fin de son hégémonie.

Figure 1 – Évolution de la masse monétaire du dollar.  Source : Trading Economics/FED

 

Jerome Powell, président de la Réserve Fédérale des États-Unis (FED), et Christine Lagarde, présidente de la Banque Centrale Européenne (BCE) ont tous deux été victimes de canulars de la part d’humoristes russes[22]. Vladimir Kuznetsov et Alexei Stolyarov, qui n’en sont pas à leur coup d’essai, sont parvenus à se faire passer pour des responsables politiques et à obtenir des appels en visioconférence dans le but de soutirer des informations confidentielles. Christine Lagarde a notamment avoué que les travaux de la BCE sur un euro digital avancent et qu’il sera présenté en octobre prochain. Bien que ravis de cette nouvelle, l’euro digital fait débat, l’argument principal des opposants reposent sur une perte des libertés fondamentales des citoyens européens et l’apparition d’un contrôle exacerbé.

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___________________

[1]     Source : Euronews, 03/04/2023

[2]     Source : Financial Times, 27/04/2023

[3]     Source : OTAN, 04/04/2023

[4]     Source : The European Conservative, 05/04/2023

[5]     Source : HRW, 19/04/2023

[6]     Source : Toute l’Europe, 26/04/2023

[7]     Source : Euronews, 20/04/2023

[8]     Source : Toute l’Europe, 18/04/2023

[9]     Source : Commission Européenne, 26/04/2023

[10]   Source : Eurotopics, 27/04/2023

[11]   Source : GEAB, 15/04/2023

[12]   Source : Spacekiwi

[13]   Source : ISpace

[14]   Source : Politico, 17/04/2023

[15]   Source : Middle East Eye, 24/04/2023

[16]   Source : Carnegie Europe, 13/04/2023

[17]   Source : RFI, 28/04/2023

[18]   Source : Ballotpedia

[19]   Source : BBC, 25/04/2023

[20]   Source : GEAB, 15/04/2023

[21]   Source : Business Insider, 27/04/2023

[22]   Source : CNBC, 27/04/2023

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