Le vostre informazioni del futuro
Les recommandations ci-dessous sont issues d’une démarche d’anticipation systémique propre au GEAB. Elles ne constituent ni des conseils financiers personnalisés ni des incitations à l’investissement. Dans un contexte de forte volatilité et de transition mondiale, chaque lecteur reste seul responsable de ses décisions. Il est recommandé de croiser ces analyses avec d’autres sources et, si nécessaire, de consulter un professionnel agréé.
Financement : du carry-trade-yen à l’Asian Carry Ecosystem
La normalisation monétaire japonaise pourrait progressivement fragiliser l’une des grandes mécaniques financières des dernières décennies : le yen carry trade. Mais chercher quelle monnaie remplacera le yen risque de masquer une transformation plus importante. Le successeur du yen carry trade pourrait ne pas être une monnaie, mais un écosystème asiatique distribué de financement, d’intermédiation et de recherche de rendement. Les premiers éléments sont déjà visibles. Le yuan offshore (CNH) est utilisé comme devise de financement. Lors du débouclage des carry trades d’août 2024[1], la Banque des règlements internationaux[2] observait que le CNH s’était comporté comme une funding currency : des positions courtes en yuan finançaient notamment des expositions à des monnaies asiatiques offrant davantage de rendement. En 2024 déjà, Reuters documentait simultanément le développement de différentes formes de yuan carry trade[3]. Mais le phénomène pourrait dépasser les hedge funds. Derrière le RMB se trouve une masse considérable d’épargne chinoise, tandis que la baisse des rendements domestiques (pendant que les rendements de la dette occidentale flambent, c’est le contraire qui se passe côté chinois : le taux des obligations d’État chinoises à 10 ans a glissé pour s’établir à 1,68 % – 1,69 %[4]) pousse assureurs, banques, gestionnaires d’actifs, entreprises et épargnants à rechercher diversification et rendement[5]. En 2026, les emprunts offshore en renminbi approchent ainsi le niveau record de 1.000 milliards de RMB, favorisés par le faible coût du financement chinois[6].